L’humain, rêveur figé dans la tourmente,
Cherche à dompter la course déferlante.
Il voudrait capturer l’éclair qui jaillit,
Transformer l’instant en un éternel abri.
Sous ses pieds, la terre roule comme un tambour,
Les montagnes s’effritent, les fleuves changent de cours.
Mais il bâtit des tours, défiant les éclipses,
Se croyant maître d’un monde sans prémisses.
Il clame la stabilité dans un univers fluide,
Inventant des lois à la matière intrépide.
Chaque pierre qu’il pose, chaque clou qu’il plante,
S’efface doucement, comme une ombre vacante.
Ses citadelles de marbre se veulent immortelles,
Mais le temps, insidieux, les ronge et les appelle.
Les aiguilles avancent, l’océan gronde,
Et lui, fragile, redessine son monde.
Il lutte contre l’onde, avec des chaînes d’argile,
Pensant tenir l’infini dans son exil.
Les jours passent, les murs se fissurent,
Mais il nie l’évidence de la nature.
Car l’homme, dans son essence, est une flamme ténue,
Illuminant la nuit de ses illusions émues.
Il fige ses rêves dans des statues de sel,
Espérant qu’elles défient l’eau universelle.
L’horizon, mouvant, joue avec ses certitudes,
Le ciel s’étire, changeant d’attitude.
Mais l’humain persiste, dressant des balises,
Comme s’il pouvait sculpter des îles promises.
Il est un bateau ancré dans une mer houleuse,
Un phare qui clignote, une lumière peureuse.
Sa stabilité est un mirage qu’il chérit,
Un doux mensonge pour donner sens à sa vie.
Pourtant, dans son acharnement naïf,
Il révèle une beauté vive, un motif.
Car même en voulant figer l’insaisissable,
Il devient, malgré lui, infiniment remarquable.
Il est la pierre qu’emporte doucement la rivière,
Un frisson d’éternité dans l’éphémère.
Il est la cage qu’il forge et celle qu’il brise,
L’écho d’un combat que la vie lui déguise.
Ainsi, l’humain, entre ombre et lumière,
Persiste à se croire hors du mystère.
Mais dans son illusion, il trouve un éclat :
L’immobilité dans le mouvement, son fragile combat.
Thème :
La lutte humaine pour figer l’insaisissable, l’obsession de stabilité face au mouvement constant de l’univers, et la beauté éphémère révélée dans cette quête.