Repenser son monde,
C’est basculer sur le fil de son être.
L’humain, face à l’abîme du doute,
S’accroche aux vérités qu’il a bâties,
Même si elles se fissurent sous son poids.

Chaque perception est une pierre,
Un socle fragile sous le torrent du temps.
Reconnaître l’erreur, c’est un tremblement,
Un séisme qui ébranle le château de l’ego.
Alors, plutôt que de se confronter à l’infini,
Il s’aveugle, il s’arme contre l’inconnu.

La vision contraire devient l’ennemi,
Un poison qu’il refuse de goûter.
Car accepter que son chemin est faussé,
C’est détruire la maison de l’esprit,
Revenir à l’état brut,
À l’effroi de l’enfant sans refuge.

L’intolérance naît de cette peur :
Que tout ce qui semblait vrai
Ne soit qu’un mirage,
Un mensonge que l’on s’est offert
Pour survivre à la confusion.

Et si toute une vie
Était construite sur une erreur ?
Un fil d’Ariane menant au vide.
Le reconnaître,
C’est abandonner ses armes,
C’est s’avouer fragile, perdu.

Alors, on s’accroche.
À ses idées. À ses dogmes.
À ce qu’on croit être juste.
Tout ce qui diffère devient menace,
Un rappel cruel
Que l’on n’a peut-être jamais su voir.

Mais dans cette dérive,
Y a-t-il une chance d’ouverture ?
Faut-il briser son reflet pour renaître ?
L’humain, dans son obstination,
Ignore que le chaos peut être une lumière,
Que l’effondrement n’est pas la fin,
Mais le début d’un espace plus vaste.

Le chemin n’est pas fixe,
Mais mouvant comme l’eau.
Et c’est dans l’acceptation de la dérive
Que l’on trouve enfin le réel.

Thème :

La peur de remettre en question ses croyances, l’intolérance née de l’attachement aux perceptions personnelles, et la possibilité de transformation à travers l’acceptation de l’effondrement.