Le manque est-il désir ou simple illusion,
Un murmure profond, une douce obsession ?
Est-ce une force vive qui nous pousse en avant,
Ou un voile fragile sur des rêves errants ?

Comme l'ombre et la lumière qui se mêlent,
Chaque mot, chaque souffle, un écho éternel,
Neutres en essence, les mots sont sans poids,
Mais nous les peignons d’amour ou d’effroi.

Dans ce monde en nuances, tout semble s’opposer,
Le bien et le mal, l’obscurité, la clarté.
Mais qu’est-ce qu’une pensée, sinon un reflet,
Reliant chaque idée à d’autres vérités ?

Le manque, une force, une faiblesse à la fois,
Un désir inassouvi, un mirage de soi,
Cherchant dans le vide l’écho d’un autre cœur,
Pour combler le silence, apaiser la douleur.

Voir, toucher, ressentir ou simplement jouir,
Chaque envie se transforme, nous laissant agir,
Un besoin en appelle un autre, inlassablement,
Comme l’eau qui se déverse et remplit le vent.

Si tout manque s’éteint, un nouveau se dessine,
C’est un cycle sans fin, une quête divine.
Et quand l’un se comble, un autre prend place,
Un jeu infini, une danse fugace.

Les mots que nous choisissons, ces symboles légers,
Portent nos interprétations, en douceur ou en excès,
Mais ils ne sont ni vrais ni faux, ni ombre ni clarté,
Ils deviennent ce qu’on en fait, guidés par nos pensées.

Ainsi le manque devient une lumière profonde,
Un miroir où se glisse une vérité plus ronde,
Car dans chaque vide, il y a un reflet à chercher,
Un désir en sommeil, un rêve à éveiller.

Et nous, les tisseurs de ces fils invisibles,
Tirons chaque lien pour fuir l’indicible.
Dans ce labyrinthe où tout se croise et se tient,
Le manque est le guide de nos chemins lointains.

Il nous pousse à vivre, à désirer, à créer,
À donner aux mots une force, une vérité,
À chercher l’autre moitié de ce besoin ardent,
À exister, à vibrer, à frémir d’un instant.

Thème : Désir, Manque, et Dualité du Sentiment