Postface

L'empreinte de l'Hellébore

Ce livre est lui-même une strate.
Il a commencé comme une tentative de voir clair. Il est devenu une structure. La structure est devenue une identité. Et maintenant il est entre vos mains ; ce qui signifie qu'il a fonctionné assez pour être terminé, publié, lu.
Je ne suis pas dehors. J'ai cartographié la prison avec soin. J'ai appelé ça de la lucidité.

Ce qui est décrit ici est proche d'une réalité. Pas d'une vérité absolue : d'une réalité que le conditionnement ordinaire rend difficile à voir. Ces mécanismes existent. Ils fonctionnent. Ils vous ont peut-être traversé pendant la lecture.

Ce que vous en faites, c'est votre affaire.
Un outil de recentrage quand vous sentez la dérive. Quelque chose qu'on rouvre, qu'on referme, qu'on oublie, et qu'on retrouve. Ou vous en ferez une posture. Une identité. Un dogme. Une science-fiction.
Nous l'avons tous fait avec quelque chose.

Il n’y a pas de grand réveil.
Il n’y a pas de sortie définitive.
Il y a seulement des moments où la cartographie se fissure, où le filtre se sature, où le rôle devient trop lourd à porter.

À ces moments-là, il ne reste parfois rien de stable.
Pas une vérité. Pas une méthode.
Juste quelque chose de moins structuré.

Certains appellent ça une forme de lucidité.
D’autres n’y voient rien de particulier.

Ça ne dure pas forcément.
Ça ne protège pas.
Et ça peut très bien être repris, nommé, intégré ; devenir autre chose.

Ou disparaître.

Refermez-le. Voyez ce qui reste.

Et remarquez 

à quelle vitesse

vous chercherez à lui donner un nom.

 

Hellébore