MIROIR 13 : Le Miroir Brisé
(Le Poison de la Clarté)
Le Tréfonds du Miroir : Le Livre
Le monde est chaotique, insaisissable. On cherche à le comprendre pour ne plus le subir. Au début, on observe. Puis, on écrit un livre. On lit un livre. On crée une grille de lecture : le V.I.D.E.
Le Voile Les mots se posent sur le chaos. Le brouillard se dissipe, tout s'emboîte. On lit, on comprend le mécanisme. → Le vertige de l'incompréhension disparaît.
Glissement (instinctif → intellectuel) On ne subit plus l'absurdité du monde. On la décortique. On la nomme.
L’Illusion On se sent lucide, au-dessus de la mêlée. On croit qu'avoir vu le piège nous place en dehors du piège. → Ce qui angoissait devient maîtrisé par l'intellect.
Glissement (psychologique → identitaire) Cette lucidité devient une posture. Une façon de se définir face aux autres (« ceux qui dorment »).
Le Dogme La mécanique devient la seule lentille pour regarder le monde. On classe les situations, on voit des « masques » partout. Le concept devient plus réel que la vie. → Le réel vivant sort du champ, remplacé par sa cartographie.
Le Déplacement L'angoisse originelle (le vrai vide) n'a pas disparu. Elle s'est déplacée. Elle alimente maintenant celui qui « voit ». → La lucidité devient une position à maintenir.
L’Espoir On espère que comprendre suffira à nous sauver. Que cartographier la prison équivaut à en sortir. Que voir clair protège. → On continue, parce que ça fonctionne assez pour ne pas s'arrêter.
L'Expérience Au début, il ne comprenait pas pourquoi tout sonnait faux. Puis il a lu, observer. Il a compris les strates. Les masques. Les mécanismes. Maintenant, il voit. Il regarde le journal télévisé. Il sourit. Le monde est toujours là.
Les gens parlent.
Les rôles continuent.
Et lui aussi.
Avec, en plus, cette impression de voir.
Il reconnaît les formes.
Les glissements.
Ça fonctionne.
Assez pour continuer.
Pas assez pour sortir.
Sur sa table de chevet, le livre est refermé.
Demain, il retournera travailler.
Il saura pourquoi.
La clarté ne devient un poison que lorsqu’elle se prend pour une sortie
Refermez-le.
Voyez ce qui reste.
Et remarquez :
même ça
peut encore être une manière de regarder.
Signé : Hellébore