Je suis dans mon confort, bien au chaud, bien au sec,
Un monde loin des cris, un abri sans échec.
Je regarde le monde à travers un écran,
Et je m’indigne de loin, sans jamais faire un pas en avant.

Car mes privilèges sont silencieux,
Invisible manteau, mais précieux.
Je les porte, je les garde, sans même les sentir,
Et ceux qui en manquent ne font que m’apparaître en soupirs.

Je parle de justice, de ce qui serait juste,
Mais mes mains restent vides, mes actions sans buste.
Les injustices brûlent là-bas, loin de ma rue,
Et mon indifférence, elle, reste à l’abri des vues.

Car mes privilèges sont silencieux,
Invisible manteau, mais précieux.
Je les porte, je les garde, sans même les sentir,
Et ceux qui en manquent ne font que m’apparaître en soupirs.

J’entends des voix lointaines, des appels écorchés,
Des vies qui, là-bas, n’ont jamais été épargnées.
Mais entre mon confort et leurs vies en péril,
Il y a l’ombre d’un écran et des mots dociles.

Car mes privilèges sont silencieux,
Invisible manteau, mais précieux.
Je les porte, je les garde, sans même les sentir,
Et ceux qui en manquent ne font que m’apparaître en soupirs.

Alors je dis que j’agis, je parle, je partage,
Je verse des larmes derrière mon visage.
Mais quand vient le moment de plonger dans l’action,
Je m’enroule dans mon confort, loin des accusations.

Car mes privilèges sont silencieux,
Invisible manteau, mais précieux.
Je les porte, je les garde, sans même les sentir,
Et ceux qui en manquent ne font que m’apparaître en soupirs.

Et peut-être qu’un jour, ce manteau invisible,
S’effritera pour révéler l’inadmissible.
Que mes privilèges, je les devrai un à un,
À ceux qui n’en avaient pas, et qui me tendent la main.