Je suis ce masque parfait, brillant et lisse,
Une façade sans faille que rien n'éclipse.
Je me sculpte, me peaufine, me rends impeccable,
Pour un public qui m'observe, me trouve aimable.

Chaque photo, chaque sourire est ajusté,
Chaque mot, chaque geste, savamment dosé.
Car le vrai moi, avec ses fissures, ses ombres,
Reste caché, dans la peur qu'il ne sombre.

Je prône la vérité, l’authenticité,
Mais la façade dorée est bien plus appréciée.
Alors, je peins chaque jour, un autre tableau,
Un portrait idéal où le faux est beau.

Mon masque est mon armure, mon propre décor,
Il me protège des regards et des remords.
Car si l’on voyait au-delà de l’éclat,
Peut-être fuirait-on face à mes tracas.

Sous les filtres, les lumières, je me façonne,
Un être poli, sans défaut, sans personne.
Le masque devient moi, et moi je m’efface,
Dans le reflet parfait que l’image remplace.

Mais dans ce jeu du paraître et de l’être,
Je perds la notion de qui je veux paraître.
Je rêve de me montrer sans déguisement,
Mais j'ai peur du rejet, des regards blessants.

Alors je continue, je cache, je mens,
Je dis que je suis libre, mais tout est mensonge éclatant.
Car le masque, avec le temps, m’engloutit,
Et l’ombre de mon vrai moi s’étiole et s’enfuit.