Je suis l’amour qui fuit la solitude,
Celui qui s’installe, même quand tout est rude.
Je remplis le vide, je comble les absences,
Sans me soucier de la vraie connivence.
Je suis l’amour normé, celui qu’on attend,
Quand l’entourage murmure, je deviens résonnant.
Un couple pour le cadre, une photo à garder,
Je suis la norme qui dicte quoi aimer.
Je suis l’amour matérialiste, scintillant,
Celui qui troque le cœur contre l’or flamboyant.
Je mesure l’amour en biens accumulés,
Et le bonheur en choses à exhiber.
Je suis l’amour organisé, bien rangé,
Un contrat, un deal, tout est bien calculé.
Je ne laisse aucune place au hasard ni au rêve,
Dans mon cadre, tout est tracé, rien ne s’élève.
Je suis l’amour de l’habitude, sans passion,
Celui qui persiste par confort et raison.
Je ne brûle plus, je ne surprends jamais,
Mais je rassure, je reste, même sans attrait.
Je suis l’amour jetable, consommé à la hâte,
Une flamme qui s’éteint aussitôt qu’elle éclate.
Je ne dure qu’un instant, avant de disparaître,
Remplacé par un autre, comme un vieux vêtement à remettre.
Je suis l’amour du paraître, bien poli,
Où tout est façade, mais rien n’est senti.
Les photos sont belles, les regards bien étudiés,
Mais en silence, je cache le vide mal habillé.
Je suis l’amour vitrifié, froid sous le verre,
Immobile, parfait, mais sans chaleur sincère.
Je brille sous la lumière, tel un objet de désir,
Mais à l’intérieur, tout est figé, sans avenir.
Je suis l’amour exhibé, en pixels et likes,
J’existe pour les autres, pour leurs regards en flamme.
Je suis ce couple parfait qu’on applaudit en cœur,
Mais je m’effondre en coulisse, en secret, sans ferveur.
Je suis l’amour conditionnel, fait de critères,
Il faut cocher des cases pour que je sois sincère.
Si tu changes, je m’en vais, sans pardon ni détour,
Car je ne vis qu’à travers le filtre des contours.