Ils murmurent des contes, des rêves étoilés,
« Ne t’inquiète pas, mon enfant, tout est beauté. »
Ils peignent le monde en couleurs éclatantes,
Cachant les ombres, voilant les attentes.

La Terre est prospère, disent-ils avec ferveur,
Les rivières chantent, le ciel porte des fleurs.
Ils sculptent un jardin, parfait et paisible,
Un royaume d’or, où tout est possible.

« Les fées veillent sur toi," promettent les voix,
"Les petites souris dansent sous tes pas. »
Ils tissent des songes doux comme la soie,
Faisant croire que la douleur s’efface d’un doigt.

Mais l’illusion a un prix que l’on cache bien,
Elle s’infiltre, discrète, dans chaque refrain.
Et lorsque l’enfant grandit, découvre le monde,
La vérité rugit, et son âme s’effondre.

Les rêves de cristal se brisent sous ses yeux,
Le ciel se ternit, la Terre n’est plus bleue.
Les fées se taisent, les souris s’enfuient,
Et l’enfant, perdu, cherche des appuis.

Car sous chaque sourire, sous chaque promesse,
Se cachait un poids, une immense détresse.
La réalité crie, plus forte que l’illusion,
Et l’enfant vacille sous l’érosion.

Les contes de fées se changent en mirage,
Chaque mot doux devient lourd héritage.
Le coup de poignard, bien planté dans son cœur,
N'est autre que l’amour, caché par la peur.

« Pourquoi ne m’ont-ils pas dit, pourquoi ce voile ? »
Se demande l’enfant, égaré sous les étoiles.
Il marche sur des chemins que personne n’a tracés,
Luttant pour comprendre ce qui lui a été masqué.

Car l’illusion douce d’un monde parfait,
Ne prépare jamais à la réalité concrète.
Elle éclate, se dissipe, tel un rêve trop grand,
Et laisse l’enfant seul face au vent.

Les parents protègent, ils croient bien agir,
Mais l’illusion forgée finit par trahir.
La vérité rugit, implacable et cruelle,
Et l’enfant se débat dans une lutte nouvelle.

Peut-être aurait-il mieux valu dire vrai,
Montrer la Terre telle qu’elle est, sans regret.
Car si la vérité est dure à supporter,
Elle forge une âme prête à l’affronter.

Mais ils ont vendu des rêves, des mirages brillants,
Sans penser au prix que paiera l’enfant.
Et quand l’illusion se meurt dans un dernier cri,
C’est la conscience qui saigne, doucement, sans bruit.