Je me réveille au bruit sourd de l'alarme,
Chaque note résonne, un écho sans charme.
Mon souffle est lourd, chargé de larmes,
Prisonnier d’un monde qui tisse mes drames.
Je me lève pour survivre, sans autre dessein,
Poussé par l’instinct, par le creux de ma faim.
Une routine grise, une marche forcée,
Vers un destin déjà bien tracé.
Mon corps s’use sous le poids des chaînes,
Chaque pas m’éloigne, nourrit leur rengaine.
Je suis leur pilier, invisible mais vital,
Leur monde s’élève sur mon travail banal.
Je les enrichis, je bâtis leur fortune,
Pendant qu’ils festoient sous une douce lune.
Et moi, dans l’ombre, je ramasse les miettes,
Tandis qu’eux trinquent à des promesses muettes.
Un numéro sur un papier, une âme oubliée,
Dans leur système, je suis une pièce usée.
Un rouage docile, une force éjectable,
Quand ma valeur baisse, je deviens jetable.
Ils dictent les règles, un jeu cruel et biaisé,
Et moi, je joue, bien que lassé.
Mes rêves, broyés par leurs engrenages,
Se perdent dans les limbes de leur esclavage.
Mon éthique ? Elle résiste, mais elle plie,
Refuser de céder, c’est rester en vie.
Mais pour eux, ce refus est un sacrilège,
Un feu qu’ils étouffent par leur privilège.
Leur richesse est mon épuisement,
Ma sueur alimente leur firmament.
Ils prospèrent tandis que je me flétris,
Pour prolonger leur faste, je subis.
Mais au fond de moi gronde une colère,
Un élan de révolte, un désir de lumière.
Car survivre pour eux, c’est mourir chaque jour,
Un sacrifice vain pour leurs tours d’ivoire.
Si je brise mes chaînes, si je m’éloigne,
Ils chavirerons, car sans moi, rien ne gagne.
Je suis plus qu’un rouage, plus qu’un outil,
Je suis une force, un feu qui brille sous l’oubli.
Alors que faire dans ce monde avide,
Où chaque geste pour vivre détruit la rive ?
Je cherche une réponse, un sens à tout cela,
Un chemin où je serais maître de mes pas.
Mais les routes sont étroites, le système oppressant,
Il joue sur nos faims, nos peurs, notre sang.
Il sait que l’instinct nous pousse à plier,
À courber l’échine pour un repas gagné.
Et pourtant, quelque part, je sens la vérité,
Un souffle, un murmure : nous sommes leur clé.
Si nous cessons, unis, de nourrir leurs envies,
Leur empire s’effondre, tout devient vie.
Mais le courage manque, l’espoir s’efface,
Le poids du présent sur nos cœurs se lasse.
Alors je marche encore, un jour à la fois,
À la frontière du chaos et de ma foi.
Ils peuvent m’étiqueter, m’appeler blasphème,
Mais jamais ils n'éteindront ma flamme extrême.
Car même si je fléchis sous leur joug de fer,
Je reste vivant, porteur de ma lumière.
Thème :
L’oppression quotidienne et l’exploitation sous un système injuste, et la résistance intérieure, symbolisée par une lumière d’espoir et de révolte.