L’humain naît sous les astres, fragile et innocent,
Déjà inscrit au registre des corps obéissants.
À peine ouvre-t-il les yeux sur un monde d’espérance,
Que le système l’attend, avide de sa constance.

Chaque cri de naissance est une dette annoncée,
Un poids invisible qu’il devra rembourser.
Il grandit dans l’idée qu’il doit mériter sa place,
Qu’il faut se tuer à la tâche pour effacer sa trace.

Son labeur n’est qu’un billet pour son ultime repos,
Il construit sa tombe en versant sang et eau.
Chaque heure de travail, chaque pièce amassée,
N’est qu’une brique de plus dans le mur de son passé.

On lui dit de produire, de bâtir, d’épargner,
Pour qu’un jour sa mort ait un prix bien calculé.
Il paye pour vivre, pour mourir, pour disparaître,
Comme si son existence avait une dette à soumettre.

Mais qui décide la valeur de son dernier lit ?
Est-ce l’or qu’il a amassé qui mesure qui il est ?
L’humain travaille sans relâche, croyant qu’il doit prouver
Que sa vie a un sens dans ce jeu mal formé.

Et pourtant, au fond, que reste-t-il vraiment,
Quand son dernier souffle s’efface dans le vent ?
Juste une tombe bien creusée, un sol bien ordonné,
Et des chaînes invisibles qu’il n’a pas su briser.

L’humain, esclave d’un système qu’il nourrit,
Cherche la liberté dans un monde qui le trahit.
Il est né pour payer, il travaille pour justifier,
Et dans le silence de sa tombe, il finit par s’effacer.

Thème :

La condition humaine piégée dans un système où la vie est réduite à un travail incessant pour justifier une existence, culminant dans une disparition silencieuse et aliénée.