L’humain se lève, bâtisseur de demain,
Mais sous ses pas s’écrit déjà son déclin.
Chaque pierre posée, chaque sommet gravé,
Portent l’écho d’un futur effacé.
Il sculpte le monde, maître de ses rêves,
Ignorant que le sable, doucement, s'élève.
Ses cités illuminées, ses champs en floraison,
Sont des ombres dans l’aube de l’érosion.
Les arbres qu’il coupe, les rivières qu’il souille,
Lui rappellent en silence la fin qu’il bafouille.
Dans sa quête d’infini, il brûle sa lumière,
Consommant sa naissance au bord de l’enfer.
Chaque avancée, chaque progrès crié,
Est une corde tendue vers l’obscurité.
Il danse avec le feu, il défie les étoiles,
Mais ses chaînes s’épaississent sous l’apparat des voiles.
Dans le miroir de ses propres actions,
Il contemple l’abîme de ses illusions.
Ses conquêtes grandioses, ses gloires passagères,
Ne sont que des échos d’une chute première.
Il dévore la terre, se proclame divin,
Mais son souffle s’épuise, égaré dans l’instinct.
Les cieux qu’il fracture, les sols qu’il consume,
Le rappellent à l’ordre sous une pluie d’amertume.
L’existence qu’il forge, à coups d’ambition,
Le trahit doucement, dans chaque direction.
Car son déclin n’est pas un spectre lointain,
Mais l’ombre fidèle au creux de ses mains.
Et pourtant, dans cette chute qu’il ignore,
Il brille d’une flamme que rien ne dévore.
Il crée, il détruit, il façonne l'instant,
Offrant au déclin un éclat saisissant.
Ainsi, l’humain, dans sa marche funèbre,
Est à la fois le vent et la cendre ténèbres.
Son déclin n’est pas fin, mais transformation,
Un cycle sans fin, une ultime passion.
Qu'il lutte ou qu’il cède, qu’il se perde ou qu’il gagne,
L’humain persiste, guidé par son bagne.
Et dans la chute qu’il pense repousser,
Il trouve la raison même de s’élancer.
Thème :
La contradiction entre la création et la destruction dans l’œuvre humaine, où chaque avancée porte en elle la graine de son propre déclin, mais aussi la possibilité d’une transformation cyclique.