Sous le poids des chaînes qu’il a lui-même forgées,
L’humain avance, l’esprit lourd, le cœur brisé.
Il porte le système, il le fait respirer,
Mais dans l’ombre, il le maudit, prêt à le déchirer.
Il nourrit l’engrenage, chaque jour, chaque nuit,
Offrant son labeur pour prolonger son sursis.
Les riches festoient sur l’effort des damnés,
Et l’humain murmure : "Je ne fais qu’endurer."
Il maudit les maîtres, il renie leur couronne,
Mais continue pourtant, car le système le borne.
Il crie à l’injustice, hurle à la servitude,
Puis s’accroche à la roue par crainte de la chute.
Blasphème après blasphème, il insulte les lois,
Ces règles qu’il sert malgré son désarroi.
Il maudit les marchés, il hait les frontières,
Mais reste captif, prisonnier volontaire.
Il voit les puissants prospérer sur son dos,
Achetant la terre, régnant sur les maux.
Il se lamente : "Je suis l’esclave du système,"
Puis retourne au labeur, enchaîné par ses dilemmes.
Car il sait qu’il le nourrit, ce monstre insatiable,
Cet organe géant, froid, inébranlable.
Mais comment tuer ce qu’il a contribué à bâtir,
Quand sa survie même dépend de ce martyr ?
Alors, il blasphème, dans un souffle étouffé,
Rêvant de chaos, d’un avenir à brûler.
Et pourtant, il avance, sous le joug qui l’écrase,
Prisonnier de son œuvre, de sa propre extase.
Car l’humain, dans sa rage, dans son indignation,
Est aussi le créateur de sa propre prison.
Et en blasphémant, il nourrit à son tour
Le cycle sans fin de ce système d’intrigues et d’atours.
Thème :
La contradiction entre la colère contre un système oppressif et la dépendance à celui-ci, où l’humain, à la fois victime et architecte, alimente ce qu’il maudit.