L'humain est un peintre, dans l'ombre ou la lumière,
Sa toile est le monde, ses pinceaux des chimères.
Il trace des contours qu'il croit immuables,
Mais sa main tremble, ses lignes sont instables.

Chaque regard qu'il pose est une note en suspens,
Une mélodie fragile jouée par le vent.
Le réel qu'il croit saisir lui glisse entre les doigts,
Car ce qu'il nomme vérité n'est qu'un reflet de soi.

Un arbre devient temple, un ciel un poème,
Une pierre une montagne selon ce qu'il aime.
Et dans cet infini tissé par ses pensées,
Il oublie que son monde est toujours recréé.

L'humain, architecte de ses propres prisons,
Construit des tours d'ivoire, érige des bastions.
Mais ses murs sont des brumes, des mirages mouvants,
Qu’il défend avec rage, pourtant inconsistants.

Comme un navigateur sans boussole ni étoile,
Il traverse des mers que sa pensée dévoile.
Chaque vague qu’il affronte est née de son esprit,
Chaque tempête un écho d’un ancien cri.

Quand il débat, il brandit des vérités comme des armes,
Des lances de lumière, des boucliers de larmes.
Mais il ne voit pas, dans sa fière illusion,
Que ses certitudes sont des ombres en fusion.

Il croit au sommet qu’il gravira demain,
Mais l’horizon recule à chaque pas humain.
La montagne qu’il grimpe est façonnée par ses rêves,
Et son sommet disparaît dans des nuages sans trêve.

Sa subjectivité, une lanterne vacillante,
Éclaire des chemins que la nuit réinvente.
Ce qu’il pense solide se brise sous ses doigts,
Un verre soufflé au feu de sa propre foi.

Il est à la fois forgeron et esclave,
Maître de ses pensées, et victime des graves.
Car dans l'océan qu'il croit dominer,
Il est une goutte, perdue, fragmentée.

Mais peut-être, un jour, au détour d'une rive,
Comprendra-t-il enfin que rien n’est exclusif.
Qu’il est mille reflets, dans un seul miroir,
Et que toute vérité n’est qu’un départ.

Ainsi l'humain, humble, pourrait déposer,
Ses armes, ses mots, ses jugements brisés.
Et dans le vaste écho de sa pluralité,
Écouter, enfin, le chant de l’unité.

Thème :

L’humain comme créateur de réalités subjectives, prisonnier de ses perceptions, et confronté à la fragilité de ses certitudes, tout en cherchant l’harmonie dans la pluralité des vérités.