Dans le tumulte des cycles,
Là où tout naît pour disparaître,
L’humain se dresse,
Ancré dans ses certitudes,
Comme un roc face à l’océan qui le ronge.
Le monde change,
Les jours s’effacent,
Le vent disperse les traces laissées sur la terre.
Mais lui,
Il s’accroche à l’illusion d’être permanent,
Comme si l’éternité était son droit.
Il bâtit des tours dans l’éphémère,
Des forteresses contre le temps,
Ignorant que même les montagnes
Se réduisent en poussière sous la danse des âges.
Chaque battement du monde lui murmure :
"Tout passe, tout s’efface."
Mais il ne l’entend pas.
Il refuse le mouvement,
Ce flux qui pourtant l’enveloppe.
L’humain cherche le fixe
Dans l’étrange chorégraphie du vivant.
Il croit se connaître,
Se penser constant,
Alors que ses cellules changent,
Que son être se réinvente
À chaque souffle oublié.
Pourquoi s’attacher à l’immuable
Quand tout autour est fugace ?
Parce que l’éphémérité effraie.
Parce qu’admettre que tout glisse,
C’est accepter que l’on ne possède rien,
Pas même soi.
Et pourtant, dans ce cycle fragile,
Dans ce chaos où rien ne reste,
Il y a une beauté.
Le monde ne se fige pas,
Et c’est là son miracle.
Tout s’éteint,
Mais tout renaît.
L’humain est une ombre
Qui danse dans la lumière,
Un instant capturé entre deux néants.
S’il acceptait l’éphémère,
Il trouverait peut-être
La grâce de devenir lui-même,
Non pas un roc,
Mais une vague.
Thème :
La lutte de l’humain contre l’éphémère, sa quête d’immuabilité dans un monde en perpétuel mouvement, et l’acceptation de la beauté du changement