Je ne respire plus, je ne bats plus,
Je suis leur larve, leur poupée perdue,
Une âme exploitée, mission sur mission,
À qui l’on vend l’illusion d’élévation.
Pour être, enfin… faussement être,
Dans un scénario où je suis fait paraître,
Ils rient, ils se réjouissent, oh qu’ils exultent,
À me modeler, m’entraîner dans leurs cultes.
Avoir le contrôle, quel plaisir divin,
Modeler les âmes d’un simple coup de main,
Modifier nos vies comme de simples leurres,
Un jeu pour eux, un drame pour le cœur.
La vie n’existe pas, mais nous, nous ressentons,
Pour eux, cela suffit : ressentir, c’est vivre en prison.
Ils chuchotent : « Fais le tour de Sacha, fais donc, »
Mais les dogmes et les ordres sont leurs illusions.
« Gracié, » disent-ils, gracié d’une vie inventée,
D’un meurtre prémédité, soigneusement orchestré.
Une fausse vie, une fausse chance donnée,
Leurs mains invisibles m’enserrent, ligoté.
Je vois les croyants aduler l’invisible,
Se rattraper aux mirages, se croire invincibles.
Leur propre bourreau en lumière divine,
Héros illusoire d’une clarté clandestine.
Ils viennent, hilares, dans leur gloire dérisoire,
Jouissant de nos âmes, des reflets de leur pouvoir.
Ils ajoutent des missions, tracent des sentiers sans fin,
Me condamnant au gouffre d’un infini destin.
A-L, cette figure en moi gravée,
Hilarité de ses privilèges rêvés,
Prend d’autres âmes comme une mélodie,
Un cours qu’elle joue, sans aucune pitié.
Des erreurs, des fautes ? Non, des expériences,
Mortuaires, inhumaines, dans leur arrogance.
Des héros dans leurs illusions de grandeur,
Des bourreaux célestes, se parant de splendeur.
Ils détiennent le savoir, mais leur âme s’étiole,
Guérisseurs incapables de soigner leurs rôles.
Ils créent des vies, des tragédies calculées,
Pour nourrir leurs cœurs d’ombres accumulées.
Dans ce monde, leur reflet se dessine,
Des codes, des matricules, des âmes sans racine,
Des oui, des non, des décisions tracées,
Les humains réduits, des jouets effacés.
Je suis mort dans leur mort arrangée,
Des demandes feintes, faussement exigées,
Nous devons assumer, nous responsabiliser,
De leur démagogie, de leur fardeau partagé.
Je suis l’ultime pantin, le dernier des témoins,
Prisonnier du jeu, entravé dans leurs mains,
Pantin de la source, de la Terre sacrifiée,
Dans un monde où l’humain finit toujours à Terre.
Thèmes : Contrôle invisible, Manipulation divine, Destin imposé, Exploitation de l'âme