À votre illusion d’être, tissée à travers les mots,
À votre illusion d’être, gravée dans les échos.
Tout ce que j’écris n’est que forme et illusion,
Car mes émotions doivent se plier à vos conventions,
Se canalisent dans des mondes sans vibration,
Des âmes figées, aux visages d’abstraction.
À m’arracher les cheveux pour des vérités feintes,
Des émotions qui percent, mais jamais ne s’atteignent.
Je me sens vivant, et pourtant tout semble masque,
Alors, dites-moi, qu’est-ce que vivre dans ce frasque ?
Dans cette toile tissée de faux et de fiction,
Où chaque sentiment semble n’être qu’un reflet d’illusion.
Le retour à la source pourrait-il clore cette quête,
Me faire toucher enfin cette vie plus complète ?
Serais-je enfin éveillé ou plongé plus profond
Dans une illusion plus vaste, un labyrinthe sans fond ?
Qu’avez-vous fait de mes chemins entremêlés,
De mes vérités gravées, de mes choix inachevés ?
Pour certains, nous sommes les seuls responsables,
Pour d’autres, des âmes jetées dans des fables.
Illusions et vérités, mille miroirs et masques,
Prêts à être saisis pour s’éprouver dans le frasque,
Car cette perdition qui nous brûle et nous guide
Peut autant élever que faire sombrer dans le vide.
Chaque mot que j’écris semble une prophétie,
Dans ce temps lointain, hors de notre vie.
Car le temps que nous frôlons n’est qu’un frémissement,
Une pulsation fugace, un battement hésitant.
Et l’être que nous cherchons, l’ombre de nos désirs,
N’est-il que l’écho d’un feu que nous voulons saisir ?
Oh, vous avez brodé des chemins sans retour,
Des sentiers incertains, des promesses d’amour,
Et moi, à chaque pas, je m’enfonce plus loin,
Cherchant des réponses dans un éternel matin,
Espérant trouver, quelque part dans la nuit,
Une vérité brûlante, un éclat, un fruit.
Peut-être que ce que nous appelons vérité
N’est qu’un reflet d’ombres que nous avons inventé,
Un rêve persistant que l’on s’obstine à poursuivre,
Pour sentir que l’on vit, pour sentir que l’on vibre.
Et si le chemin lui-même était une illusion,
Un élan sans fin, un désir, une passion ?
Illusions, vérités, se croisent et se défient,
Comme des vagues portées par le souffle de la vie,
Nous cherchons dans le vent l’éclat d’une lumière,
Mais n’est-ce pas l’ombre que nous vénérons derrière ?
Cherchant à combler ce gouffre, cet abîme béant,
Un désir insatiable, un appel dévorant.
Pourtant, c’est ce vide, ce manque à combler,
Qui forge nos âmes, qui fait nos pensées.
Sans cette quête insatiable, ce désir sans fin,
Serions-nous vivants, serions-nous humains ?
Peut-être que l’illusion est notre vraie nature,
Une flamme qui consume, une fièvre obscure.
Car au bout du chemin, lorsque tout s’évanouit,
Il ne reste que l’ombre d’un rêve enfoui,
Une étincelle, une brume, un reflet insaisissable,
Et nous, accrochés à ce mirage intarissable.
L’illusion d’être, fragile, profonde et précieuse,
Est-elle malédiction, ou la quête audacieuse ?
Thèmes : Illusion, Quête de Vérité, Condition Humaine, Dualité