La mémoire, un souvenir qu'on fouille au fond de soi,
Des éclats d’images, des bruits, des odeurs parfois,
Elle surgit dans l’ombre, filtrée par l’émotion,
Offrant au passé une douce distorsion.

À quoi sert-elle donc, cette mémoire en nous,
Si l’on ne cherche qu’à vivre l’instant, là, debout ?
Est-elle un pont fragile vers ce que nous étions,
Ou un piège voilé qui trouble notre vision ?

Les souvenirs, par fragments, refont surface,
Des moments bons ou sombres qu’on étreint, qu’on embrasse.
Chaque détail jaillit sous un filtre incertain,
Modelé par nos peurs, nos joies, nos lendemains.

Les bons souvenirs se parent d’une lueur dorée,
Les mauvais, d’une ombre qu’on voudrait effacer.
Mais l’instant qui passe, faut-il le fuir vraiment,
Pour se réfugier dans le passé apaisant ?

Certains choisissent l’oubli, fuient les souvenirs,
Préférant l’instant pour ne pas s’asservir
Aux ombres du passé qui tissent notre être,
Comme un masque que l’on ne peut démettre.

Mémoire sélective, tu construis des mirages,
Des souvenirs partiels, des éclats, des passages,
Un regard, un parfum, des mots doux ou fâchés,
Tout devient une histoire, des bribes rétrécies.

Pourquoi chercher, alors, dans ces vagues de temps,
Quand chaque reflet est une image changeante ?
Nous regardons en arrière, cherchant un écho,
Mais la mémoire, trompeuse, nous mène en crescendo.

Qu’est-ce qu’un souvenir, sinon un choix subtil,
Un reflet dans l’ombre, un doux fil fragile ?
Elle façonne notre être, nous ancre et nous défait,
Mais à chaque instant, son image nous trahit, nous défait.

Il y a ceux qui plongent, sondant le passé,
Rebâtissant leur présent de ces instants rêvés.
Et ceux qui fuient, effacent, craignant le miroir,
De peur que leur passé n’étouffe l’espoir.

Chaque pensée gravée s’étire, se refait,
Changeant de couleur selon ce qu’on en sait.
Est-ce vérité, ou est-ce illusion ?
Un jeu de lumière, de trouble, d’évasion ?

Mémoire infidèle, tu n’es qu’un voile obscur,
Nous laissant croire au vrai dans le flou de l’azur.
Un miroir brisé qui s’ajuste à nos peurs,
Modifiant le passé en fonction des heures.

Et dans ce va-et-vient entre hier et présent,
Nous bâtissons notre être, dans l'ombre ou l’élan,
Chaque fragment de vie, retenu, oublié,
Nous façonne, nous lie, nous laisse égarés.

Alors, mémoire douce, traîtresse, ou bien guide,
Peut-être qu’au fond, tu nous lies, nous livides.
Nous avançons, hantés, dans l’ombre de nos jours,
Portant des souvenirs d’amertume et d’amour.

Et si demain, tout s’effaçait, que resterait-il ?
Des échos flous, des rêves, des instants subtils ?
La mémoire, en nous, est comme une mer infinie,
Où les vagues viennent, emportent, et puis s'enfuient.

 

Thème : La Mémoire et la Résonance du Passé