Un battement sourd qui résonne en dedans,
Un tambour dans ma poitrine, rapide, haletant.
C’est le cri du corps, une flamme qui s’allume,
Qui me propulse et m’embrase, ardente et posthume.
Dans ce feu intense où le temps ralentit,
Le monde tout entier se plie, se réduit,
Chaque sens en éveil, chaque souffle aiguisé,
Comme une lame affûtée par l’instant compressé.
Je deviens le moment, l’élan, la force pure,
Dans cette énergie brute, sans structure,
J’oublie la peur, j’oublie les chaînes,
Je suis une étincelle, indomptable et pleine.
Mais cette puissance, est-ce vraiment la mienne ?
Ou n’est-elle qu’une ombre, un rêve, une scène ?
Un mirage d’invincibilité, une force étrangère,
Qui m’enlace, me consume, puis m’envoie à la terre.
Je suis l’écho d’un orage, l’éclair dans la nuit,
Un souffle de vie, intense, mais trop vite enfui.
À cet instant où tout semble à moi se soumettre,
Je suis enfiévré, brûlant, et pourtant peut-être…
Ce n’est qu’une illusion, une exaltation fugace,
Un miroir déformé de ce que je pourchasse.
Car quand le feu retombe et que le calme s’invite,
Le monde reprend forme, ordinaire, insolite.
Alors, je contemple ce qu’a laissé la tempête,
Les cendres d’un moment, d’une flamme trop prête,
Qui m’a montré un monde plus brillant, plus vaste,
Un monde que l’adrénaline colore, puis écarte.
Dans cette lueur vive, tout semblait plus vrai,
Les contours du réel, plus nets, écorchés.
Mais est-ce l’intensité qui révèle ou qui cache,
Les vérités que mes yeux, dans le feu, détachent ?
Et quand je reviens, marqué, transcendé,
Ma perception n’est plus tout à fait la même, altérée.
Je vois dans les choses un éclat étrange et neuf,
Comme si l’adrénaline en avait tracé les creux.
Elle a laissé en moi un regard déformé,
Un filtre d’énergie, de force éphémère,
Un miroir dans mon âme, où chaque reflet
Est un jeu de lumière, une illusion éphémère.
Ainsi, l’adrénaline est à la fois éveil et trahison,
Un prisme déformant, une vision sans nom,
Qui me montre le monde sous un jour intense,
Mais qui m’éloigne aussi de sa pure apparence.
Et je reste ici, troublé, ébranlé,
Par cet instant d’éclat, par ce faux-semblant,
Un désir ardent de voir, d’être sans détour,
Dans un monde où l’adrénaline trace son contour.
Thème : L'adrénaline et la perception accrue