Un papier en main, je traverse le chemin,
De ceux qui disent que c'est là que tout prend fin.
Que ce morceau fragile détiendrait la clé,
De ma place, de mon être, de ce que je suis né.
Mais qui m’a appris à respirer, à chaque instant donné ?
Qui m’a appris à ne plus faire pipi au lit, sans même y penser ?
Qui m’a appris à regarder, au-delà de l’horizon,
À voir le monde avec mon cœur et non une leçon ?
Années de silence, courbant l’échine,
À suivre la voie qu’ils ont tracée en ligne.
Mais qui m’a appris à me questionner,
À explorer mes doutes, à m'étonner ?
Je devrais en sortir plus riche, plus grand,
Mais au fond de moi, je me sens perdant.
Qui m’a appris à ressentir ces émotions,
À jongler avec le chaos, sans fausses notions ?
Ce qu'ils ne voient pas, c'est la lumière en moi,
Invisible aux yeux de leurs règles et lois.
Qui m’a appris à succéder mes vers,
À transformer en poème ce que je vis comme enfer ?
Qui m’a appris à aimer, sans conditions,
À offrir sans attendre, à vivre mes passions ?
Qui m’a appris à échouer pour me relever,
À embrasser l’échec sans jamais m’arrêter ?
Les leçons de la vie ne sont pas dans leurs livres,
Mais dans chaque souffle, dans chaque rêve libre.
Qui m’a appris à rire, à pleurer sans détour,
À voir la beauté dans l’instant et l’amour ?
Qui décide si je suis capable ou non pertinent,
De briller, de créer, de tracer ma vision ?
Leur échec n’est pas le mien, je le sais maintenant,
Mon trésor n'a pas besoin de leur approbation.
Alors je m'éveille, un pas vers la liberté,
Mon savoir, ma valeur, personne ne peut me la voler.
Le papier se froisse, mais je reste entier,
Car ce qui en moi vit, est bien plus qu’un papier.