J'ai appris à marcher dans les pas imposés,
Suivant chaque chemin sans jamais m'opposer,
Pourtant, en regardant derrière moi,
Je vois des ombres qui suivent sans émoi.

J'ai écouté les voix qui guidaient mes pensées,
Des paroles de sages, si bien agencées,
Pourtant, en silence, mes rêves s'étiolaient,
Tandis que mes propres pensées s’effaçaient.

J'ai cherché le succès tel qu’on me l’a vendu,
Pensant que l’or me mènerait à un ciel voulu,
Pourtant, le vide est tout ce que j’ai trouvé,
Au sommet, tout est froid et l'âme délaissée.

J'ai construit des murs pour me protéger du vent,
En croyant qu'ils garderaient mon cœur prudent,
Pourtant, ces murs sont devenus une prison,
Où je me perds, sans plus trouver de raison.

J'ai souri quand on m’a dit d’être heureux,
Mon visage éclatant cachait un monde ombrageux,
Pourtant, derrière ce masque si bien ajusté,
Mes larmes invisibles ne cessaient de couler.

J'ai suivi la mode, en portant des habits dictés,
Croyant que l'apparence ouvrait toutes les clés,
Pourtant, le miroir reflète un inconnu,
Je ne sais plus qui je suis, ni ce que j'ai perdu.

J'ai cru qu’en aimant comme on me l'a appris,
Je trouverais la paix dans cet amour accompli,
Pourtant, l’amour que j’ai donné s’est perdu,
Dans des attentes formatées, jamais résolues.

J'ai travaillé dur pour atteindre le sommet,
Pensant que là-haut, tout serait parfait,
Pourtant, arrivé, je ne trouve que du vent,
Le sommet est vide, sans but ni élan.

J'ai suivi des chemins tracés par d’autres avant,
En espérant qu'ils mènent à des horizons brillants,
Pourtant, ces routes m’ont laissé sans espoir,
Car l’horizon est terne, et l’avenir est noir.

J'ai partagé des rêves que je ne comprenais pas,
Pensant qu'ils faisaient partie de ma voie,
Pourtant, ces rêves n’étaient jamais les miens,
Je marchais dans l’ombre d'un autre destin.

J'ai obéi aux règles qu’on m’a inculquées,
Sans jamais oser les remettre en danger,
Pourtant, ces règles m'ont enfermé peu à peu,
Dans un monde figé où l’espoir est silencieux. 

J'ai poursuivi des idéaux forgés par la foule,
Pensant qu’ils m’élèveraient au-delà des houles,
Pourtant, ces idéaux se sont effondrés,
Car la foule change, et les valeurs sont passées.

J'ai écouté les promesses de bonheur facile,
Croyant que la clé était dans le matériel docile,
Pourtant, ces promesses se sont fanées,
La matière s'effrite, laissant l’âme enchaînée.

J'ai cru que la réussite m’apporterait des amis,
Que l’argent ouvrirait des cœurs embellis,
Pourtant, je suis seul, entouré de rien,
Mes victoires sont creuses, et mes amis sont loin.