Je suis l’enfant de l’instant, de l’immédiat, du rapide,
Chaque désir en moi surgit et me guide.
Je veux tout, tout de suite, sans délai, sans détour,
Car attendre, pour moi, est un fardeau trop lourd.

Je cherche dans chaque clic un moment de joie,
Une satisfaction éphémère, qui ne me dure pas.
Mon regard glisse, mon esprit s’égare,
Dans cette quête vaine d’un bonheur illusoire.

Je scrolle, je passe, sans jamais m’arrêter,
Chaque seconde est un vide que je tente de combler.
Je veux le monde à portée de main,
Mais plus je consomme, plus je me perds dans le rien.

L’immédiateté m’enivre, elle me fait roi,
Elle m’offre tout, mais elle me laisse froid.
Chaque instant est un mirage que je poursuis,
Mais au fond de mon cœur, l’ennui grandit.

Je m’accroche aux pixels, à ces éclats de lumière,
Pensant qu’un jour, je toucherai l'éphémère.
Mais l’immédiat me laisse un goût amer,
Chaque moment fugace m’éloigne de l'univers.

Où sont les instants qui prennent racine ?
Où est la lenteur qui, seule, m’enracine ?
Dans ce monde qui va trop vite, je perds le fil,
Je ne sais plus comment vivre, loin du futile.

J’attends, je cherche, je consomme sans fin,
Et plus je veux vite, plus je perds le chemin.
Car l’instantané est une cage dorée,
Où l’âme se meurt, prisonnière de l’été.

Chaque moment défile, chaque seconde file,
Mais le sens, lui, s’enfuit, fragile et subtil.
Et moi, assoiffé, avide et insatiable,
Je cours après des ombres, des rêves improbables.

Alors que reste-t-il, quand tout est fugace ?
Quand chaque chose se dissipe, s’efface ?
Dans cette quête incessante de l’instantané,
J’ai oublié la patience, la paix, la beauté.

Un jour, peut-être, je saurai m’arrêter,
Apprendre à savourer, enfin, sans me hâter.
Mais pour l’instant, l’immédiat me contrôle,
Et je suis perdu dans ce tourbillon qui banderole