Dans ce monde qui grouille, je me sens étranger,
Les visages de pierre, les cœurs sont glacés.
Comme des ombres pressées, on marche sans se voir,
Les mots s’étouffent, se meurent dans le noir.

On rêve de s’unir, de briser les barrières,
Mais on construit des murs, comme des forteresses austères.

Je cherche un regard, un éclat de chaleur,
Mais les yeux se détournent, glacés de frayeur.
Chacun vit enfermé dans son propre abri,
Les murs s’épaississent, l’égoïsme s’en nourrit.

On veut des mains tendues, des âmes dévoilées,
Mais nos cœurs se replient, effrayés, verrouillés.

Des écrans se dressent comme des vitres luisantes,
Des vies d’apparat, des illusions brillantes.
On scrolle, on s’attarde, cherchant des éclats,
Mais derrière l’écran, l’âme reste en éclats.

On désire des regards, des sourires sincères,
Mais on se cache sous des filtres éphémères.

La foule avance en masse, serrée comme un poing,
Des corps réunis, mais des esprits loin.
Des âmes dispersées, perdues sous des peaux,
Marchant au même rythme, sous un ciel clos.

On clame l’empathie, on rêve de chaleur,
Mais on forge des chaînes pour s’emprisonner les cœurs.

Les villes sont des labyrinthes de solitude,
Où les âmes errantes cherchent une certitude.
Le bruit des klaxons, le tumulte des pas,
Recouvrent les murmures des cœurs qui n’y croient pas.

On court, on s’agite, mais où allons-nous ?
Cherchant des réponses, mais sans abattre les verrous.
Les sourires se figent, les corps sont pressés,
Dans cette course folle, l’amour est délaissé.