Je marche dans un monde aux horizons brisés,
Où l’air lui-même semble déjà usé.
Les forêts tombent, les océans montent,
Et mes rêves s’effondrent sous le poids qu’ils affrontent.
On nous parle d’un futur, mais je ne le vois pas,
Sous les décombres du passé, qu’avons-nous, là-bas ?
Le climat s’affole, les terres s’assèchent,
Et dans nos poitrines, la peur qui nous blesse.
Je suis jeune, et pourtant déjà vieux de peur,
Sous l’emprise de ce monde en perte de lueur.

Je travaille comme je peux,
Double emploi pour quelques pièces,
Dormir sous un toit qui me pèse.
Je vois leurs écrans remplis de rêves,
De tours, de sommets,
Mais dans ma réalité,
Tout est faux, rien n'est vrai.
Je vois la Terre se fissurer,
Les arbres arrachés,
Les ressources s'épuiser…
Ces rêves sont déjà dépassés !

Leurs villas, leurs tours, tout brille d'éclat,
Et moi, avec mes petits riens,
On me regarde,
Comme si je n’étais rien.
Je paie une nourriture polluée,
Des sols asphyxiés,
Et j’en suis taxé.
Je respire leur air vicié,
Absorbant mes futures années volées.

Antidépresseurs pour calmer le chaos dans nos têtes,
Nos esprits étouffés par des attentes trop nettes.
Ils disent que c’est à nous de reconstruire,
Mais comment faire quand tout semble partir ?
Quand l’éducation nous enseigne l’ancien monde,
Et qu’on nous demande de suivre des règles qui s’effondrent.

Nos vies sont des bulles de verre,
Sur les réseaux, chacun projette une lumière austère.
On est des milliers, mais pourtant si seuls,
À chercher un écho dans cet écran qui nous effleure.
On se noie dans les likes, dans les faux sourires,
Mais au fond, c’est l’anxiété qui vient nous saisir.
La pression d’être parfait dans un monde imparfait,
Sous les filtres et les masques, on se cache et on se tait.

Exutoires multiples pour calmer l’angoisse,
Que ce soit l’alcool, la drogue, ou juste la foire.
On fuit dans le virtuel, un monde sans fin,
Pour oublier que demain reste flou et incertain.
La planète est en crise, tout autour de nous,
Et dans nos cœurs, un vide immense, partout.

Je me débats pour nourrir un système
Qui détruit la Terre,
Propage les guerres.
Et maintenant, les IA remplacent les employés,
Je suis chômeur,
Destiné à être détesté.
Considéré comme un profiteur,
D’une Terre détruite,
Polluée, fissurée, brûlée, bombardée…

Veulent-ils vérité si je dépenses mes forces
À faire prospérer leur empire,
Alors que mon avenir
Est déjà sacrifié,
Détruit.

Solitude numérique, en raccordé mais déconnectés,
On se perd dans des vies qu’on n’ose pas incarner.
On scrolle pour oublier, on consomme pour se perdre,
Mais au fond, l’angoisse reste, et on continue de se taire.
La violence gronde dans les rues et sur les écrans,
Terrorisme, discriminations, tout se mélange, tout est grand.

Nos ressources s’épuisent, tout comme nos rêves,
Et la tempête gronde, sans que personne ne se lève.
Comment avancer quand tout semble finir,
Quand la seule certitude est de survivre, pas de grandir ?
Mais malgré tout, on se tient debout,
Avec l’espoir ténu que demain sera mieux pour nous.
Et si demain ne change rien, si la tempête persiste,
On restera là, à créer malgré tout, en artistes.
Car même dans la tempête, nous sommes le vent,
L’avenir est sombre, mais nos âmes sont résistantes.