Assis là, entre deux mondes,
L’adolescent, confus, se demande où il s'effondre.
Le ciel est gris, la Terre épuisée,
Et le système l’attend, les bras tendus, figé.

Il voit des promesses d’or et d’argent,
Des tours de verre, si imposantes, déconcertantes,
Des écrans brillants, des routes infinies,
Mais tout semble creux, un vide sans harmonie.

"Choisis," murmure le monde,
"Prends tout ou prends rien, ta course est féconde."
Les extrêmes lui sourient sans répit,
Comme deux faces d’une pièce, un contraste infini.

D’un côté, on lui offre la richesse,
Des gadgets, des rêves dans des boîtes en liesse,
Des vies parfaites, forgées dans le plastique,
Mais où est l’humain ? Où est la Terre mystique ?

De l’autre, il voit les ruines, si cachées,
Le sol craquelé, les arbres oubliés,
Les rivières pleurent, les animaux fuient,
Les écrans brillent, mais l’âme s’enfuit.

Il observe les mains invisibles,
Qui tirent les ficelles d’une scène indicible.
La technologie remplace les gestes humains,
Des machines souriantes, mais sans cœur, sans lendemain.

Dans ce chemin du "tout", il voit les robots,
Les machines qui parlent, qui bougent sous leur halo.
Ils construisent, réparent, remplacent nos mains,
Un monde où l’acier et les circuits se font chemin.

Les visages figés, les mains si passives,
Les machines créent, leurs pensées directives.
Les humains, spectateurs dans ce théâtre délaissé,
Ont perdu leurs rôles, ils sont remplacés.

Les robots dirigent les routes, les villes,
Ordonnent les tâches, règlent les vies tranquilles.
Et l’adolescent se pose la question :
Sommes-nous maîtres de cette construction ?

Les écrans projettent des réalités factices,
Des univers parfaits, mais sans aucun délice.
Les machines nous guident vers des mondes sans fin,
Tandis que la Terre pleure, d’un cri sans lendemain.

Le monde lui propose un rêve doré,
Mais à quel prix ? Il s'est interrogé.
Faut-il tout prendre et perdre son essence,
Ou ne rien saisir et sombrer dans l’absence ?

Puis il voit, les routes se croisent enfin,
Le chaos des extrêmes, comme un destin.
Il comprend que le secret n'est pas là,
Ni dans le tout, ni dans le rien en bas.

C'est dans l’équilibre, le chemin entre les deux,
Que réside la paix, un espoir pour les cieux.
Il regarde la Terre, fragile, qui gémit,
Il sait que l’avenir ne peut échapper à ce cri.

La technologie, les écrans, les tours de verre,
Ne sont qu'une partie d’une longue ère.
Le reste, c’est l’humain, c’est la vie,
La terre sous ses pieds, l’arbre qui grandit.

Le système crie : "Consomme ! Épuise ! Avance !"
Mais l'adolescent se lève, refuse cette errance.
Il marche vers le milieux, au croisement des chemins,
Là où le tout et le rien se retrouvent par destin.