Ils râlent pour un café tiède,
Pour un colis en retard, toujours trop d’attente.
Leur monde s’effondre à chaque grain de sable,
Car leur confort est roi, tout autre souci est minable.
Ils pestent sur une file trop longue au supermarché,
Et sur ces travaux qui bouchent leur quartier.
Chaque détour devient une plainte sans fin,
Mais entendent-ils la Terre qui se meurt, sous leur chemin ?
Le vent souffle trop fort, il décoiffe, il dérange,
Le soleil, trop rare, manque à l’appel, un échange étrange.
Ils se plaignent de la pluie qui tombe sans crier gare,
Mais savent-ils que la Terre suffoque, perdant son regard ?
Sous la surface, les racines brûlent, les eaux montent,
Mais l'humain préfère pleurer un signal qui s’effondre.
Leur chien aboie, c’est insupportable,
Le bruit des voisins ? Intolérable.
Ils râlent pour des cacas devant leur porte,
Mais les débris de forêts brûlées ne frappent pas à leur porte.
La planète hurle, se meurt dans le silence,
Mais eux, tout ce qui les gêne, c’est une rue en maintenance.
Une voiture mal garée, et c’est la guerre,
Ils pestent sur la lenteur du feu, sur la galère
De devoir attendre une minute de plus au volant,
Sans voir que la Terre disparaît sous l’océan.
Ils courent, ils crient, se battent pour un rien,
Leur monde est petit, trop petit pour voir le destin.
Ils se plaignent du travail, des heures perdues,
De courir sans cesse, dans un cercle continu.
Mais pendant qu’ils crient à la fatigue, à l’ennui,
Les glaciers fondent, la Terre perd son appui.
La planète s’effondre sous un ciel lourd de fumée,
Mais tout ce qui compte, c'est la chaleur du canapé.
Un bruit dans la rue ? Un vrai scandale,
Ils maudissent ces moments de tracas banals.
Les bouchons, les klaxons, tout est trop bruyant,
Mais la Terre, elle, hurle, et personne ne l’entend.
Ils parlent de la lourdeur du temps,
Mais ignorent que les saisons se dérèglent lentement.
Leurs colis arrivent en retard,
Ils râlent et crient, pour eux c’est un cauchemar.
Le service client est leur seul exutoire,
Pendant que la Terre s’épuise sans espoir.
Ils déversent leur colère sur des écrans,
Mais le sol sous leurs pieds s'effrite lentement.
Et ces trottoirs trop sales, ces routes fissurées,
Ces mille petits tracas qu’ils ne cessent de lister.
Ils râlent pour un trottoir abîmé,
Pendant que des forêts entières sont consumées.
Un simple retard dans leur programme bien huilé,
Et tout s'effondre dans leur quotidien désarmé.
La Terre craque, gronde sous leurs pieds,
Mais leurs yeux sont fixés sur l’immédiateté.
Un agenda trop chargé, une réunion de trop,
Leur confort éternel est devenu leur tombeau.
Ils courent, crient, exigent toujours plus,
Mais la planète s'éteint sous leur poids, sans plus de jus.
Ils râlent pour tout, mais ne voient rien,
Les petites souffrances de leur monde de rien.
Leur confort infini les aveugle chaque jour,
Tandis que la Terre s'éteint, sans retour.
Ils se plaignent d'une broutille, d'un détail,
Pendant que la planète devient un champ de bataille.
Et ainsi, dans chaque petit malheur,
Ils oublient que la Terre pleure,
Qu’elle meurt lentement, sous leurs pas,
Mais leurs plaintes couvrent tout cela.
Leur confort, si sacré, devient leur prison,
Tandis que la Terre s'épuise, sans rémission.