Dominé par l’éthique que je m’impose,
Je poursuis mon chemin, chaque pas me décompose.
Je cherche à m’affranchir d’un fardeau ancien,
Mais un autre s’installe, et m’emprisonne les mains.

Chaque fois que je crois que j’avance, je me libère,
Une autre chaîne invisible me ramène à la terre.
Je soigne un hic, puis un autre se dresse,
C’est un cercle vicieux, sans fin, sans promesse.

Je trouve du réconfort dans ces visions claires,
Pensant que je m’élève, que je touche à la lumière.
Mais cette clarté n’est qu’un reflet trompeur,
Un miroir sans fond, qui nourrit mes erreurs.

Prisonnier dedans, dans mes pensées qui tournent,
Prisonnier dehors, dans ce monde qui me contourne.
Je me demande souvent, avec des yeux lourds,
Comment tous ces gens rient, comme si tout allait pour le mieux, chaque jour.

Leur rire résonne, comme un écho lointain,
Dans un monde que je ne comprends pas bien.
Est-ce qu’ils ignorent ce poids qui m’écrase ?
Ou bien trouvent-ils la paix dans cette même extase ?

Je veux m’enfuir de cette cage que j’ai bâtie,
Mais à chaque tentative, un mur se replie.
Je pensais me libérer en suivant mon éthique,
Mais elle m’étouffe à nouveau, toujours aussi cynique.

Je marche en rond, sur ce chemin infini,
Pensant avancer, mais c’est toujours le même cri.
L’éthique me domine, et je la sers sans choix,
Cherchant un espoir, mais il s’enfuit sous mes pas.

Et pourtant, je continue, car que puis-je faire ?
Si ce n’est marcher encore, même sans repère.
Je suis prisonnier des deux côtés du miroir,
Dedans, je me bats, dehors, je ne fais que voir.

Mais ils rient, ces gens, avec leur insouciance,
Comme s’ils ignoraient cette profonde distance.
Prisonnier dedans, prisonnier dehors,
Comment peuvent-ils rire, si fort, si fort ?

Je les regarde, et je me sens à part,
Comme un spectateur perdu dans ce grand départ.
Leurs rires me blessent, mais je ne dis rien,
Car je suis seul à porter ce lourd destin.