Sur les îles dorées, là où l’or se prélasse,
Les profits volent haut, sans jamais qu’ils ne trépassent,
Les douaniers rigolent, les comptables trichent,
Le peuple s’échine, pendant que l'élite s'enrichit.
Ah, les paradis fiscaux, ces contrées si bénies,
Où l’impôt n’est qu’un mythe, une douce hérésie,
Où l’argent coule à flot, mais jamais vers la mer,
Il se terre, discret, loin du peuple amer.
Les multinationales, magiciennes de l’argent,
Fait disparaître les millions en un seul mouvement,
Dans des poches sans fond, et des banques sans nom,
Tant pis pour les routes, les écoles, les maisons.
L’évasion, c’est un art, une danse délicate,
Avec des lois sculptées pour qu’elles éclatent,
Mais chut, tais-toi ! On doit garder la foi,
Que les riches nous guideront, vers un monde moins froid.
Quand une fortune s’exile, c’est la démocratie qui flanche,
Mais eux, dans leurs yachts, ils ne sentent pas la branche,
Qui craque sous les pieds des masses oubliées,
Occupées à payer ce qu'eux refusent de céder.
Ah, les sociétés-écrans, qu’elles sont belles, qu’elles sont sages,
Elles portent mille noms, mais n’ont qu’un seul visage,
Celui de l’argent roi, qui change de pays comme de chemise,
Là où l'éthique s’étouffe dans un cocktail de bêtises.
Les politiciens, eux, chantent les louanges du marché,
“Liberté !”, disent-ils, “Laissons les capitaux s’échapper !”
Mais pendant ce temps, la morale fait la grasse matinée,
Et les hôpitaux se vident, les écoles sont en lambeaux... quel malheur bien mérité.
Le travailleur, lui, court après l’ombre des salaires,
Pendant que les milliardaires échappent à leur "prière",
Un peu de pitié, mes chers ! Laissez-nous respirer,
Nous, qui creusons nos poches pour remplir vos coffres dorés.
Et les taxes ? Oh, ces vulgaires amuse-bouches,
Réservées aux foules, pendant que les riches font mouche,
Dans les paradis fiscaux, on ne parle pas de justice,
Juste de l’art de disparaître sans un cri, sans un vice.
L’évasion fiscale, ce noble jeu des puissants,
Est un grand ballet, où chaque geste est élégant,
On déplace des milliards, sans même bouger un doigt,
Tandis que le peuple rampe pour un bout de pain et de loi.
Mais ne pleurez pas pour eux, ces maîtres du monde,
Ils n’ont pas d’âme, juste des comptes qui grondent,
Des chiffres, des zéros, des chiffres encore,
Et la Terre peut bien crever, ils resteront dehors.
Les lois sont pour nous, les petits, les naïfs,
Qui croyons encore que l’impôt soulage nos griefs,
Pendant que les pontes du système nous observent de haut,
Et rient sous cape, en se régalant de nos maux.
Ah, cette douce ironie d’un monde déchiré,
Par les paradis fiscaux qui savent si bien cacher,
Leurs trésors enfouis, leurs crimes bien peignés,
Et nous, les idiots, condamnés à payer.
Mais soyons rassurés, le système est parfait,
Il enrichit les riches et laisse le reste crever,
Les élites danseront toujours sur le sang de la Terre,
Tandis que nous ramperons pour un avenir amer.