Je me souviens de tes yeux, vides comme du verre,
Me regardant mourir, te délectant de ma chair.
Ils me voyaient sombrer, sans même vaciller,
Comme si mon anéantissement était un spectacle à contempler.
Je me souviens du reflet de mes larmes, piégées dans ce miroir,
Un éclat brisé, sans retour, dans ton regard sans espoir.
.Je me souviens de tes mains, moites et inhumaines,
Elles tremblaient sur ma peau, suintant de haine.
Ta peau collée à la mienne, une morsure sans fin,
Chaque geste était un coup, un assaut qui ne prendrait jamais fin.
Tes doigts s’enfonçaient dans ma chair comme des lames,
Tu lacérais mes pensées, détruisant jusqu’à mon âme.
Je me souviens de ta respiration, rauque, haletante,
Comme une bête enragée, affamée, brûlante.
Chaque souffle me volait un peu plus d’air,
Chaque râle était un écho qui m’enterrait sous terre.
Et je me souviens du silence qui suivait,
Comme un gouffre béant où je me perdais.
Je me souviens de ta bouche, qui murmurait des horreurs,
Tes mots déformaient la réalité, étouffaient ma lueur.
Tu disais que je n'étais rien, qu’un corps à profaner,
Et sous tes paroles, mon humanité s'effaçait.
Chaque phrase était un coup de poing, un poison distillé,
Me rappelant que dans ton monde, je n’étais qu’une proie piétinée.
Je me souviens de ta force, écrasante, implacable,
Ton corps sur le mien, tel un mur infranchissable.
Je suffoquais sous ton poids, mes poumons brûlaient,
Tu volais mon souffle, mon cri, tout ce que je cachais.
Ton emprise, froide comme de l’acier, me paralysait,
Et dans ce lit glacé, je me souviens, je disparaissais.
Je me souviens de mes propres mains, si faibles, si perdues,
Qui griffaient le vide, cherchant une issue.
Elles glissaient sur toi, tentant de te repousser,
Mais il n'y avait plus de force, plus rien à sauver.
Chaque caresse de tes doigts, chaque coup de hanche,
Était une sentence, un coup dans mon ventre qui s’épanche.
Je me souviens de la brûlure, cette douleur,
Chaque mouvement arrachait un cri sans heure.
Tu entrais en moi comme on brise une porte,
Et je sentais mon âme se défaire, morte.
Le sol sous moi semblait s’effondrer,
Et je ne savais plus où j’étais, ni qui je devais jouer.
Je me souviens du froid, qui mordait ma peau nue,
Ce froid qui me disait que c’était fini, que j’étais perdue.
Tes mains, glaciales et pourtant enflammées,
Me marquaient d’un sceau indélébile, damné.
Je hurlais en silence, dans un abîme sans fond,
Me heurtant sans cesse à l’écho de ton nom.
Je me souviens de ton odeur, acide et amère,
Elle imprégnait mes draps, mes rêves, mon air.
C’était comme si tu avais gravé ton essence sur moi,
Un poison invisible, qui ne s’efface pas.
Je me noyais dans cette puanteur de mort,
Et même après, elle restait, me collant encore.
Je me souviens de la fin, quand tout s’est arrêté,
Mais rien n’était fini, car tu m’avais tuée.
Je restais là, figée, le corps fracturé,
Et je savais, je savais, que je ne pouvais plus m’échapper.
Ton ombre était là, ancrée dans ma peau,
Un fardeau que je porterais toujours, jusqu’au tombeau.