On nous envoie ici, sans bruit, sans remords,
Dans ce monde clos où tout est déjà tracé,
Un chemin de cendres, où l’illusion s’endort,
Et l’on marche, hypnotisés, par des forces cachées.

Ils nous observent, ces invisibles omniprésents,
Tissant nos vies comme des toiles d’araignée,
Nous croyant libres, nous avançons pourtant,
Esclaves d’un destin qu'ils ont déjà façonné.

On se transforme à leur gré, dans l’ombre d’un rêve,
Le corps usé, l’âme fracturée par leurs jeux,
Ils manipulent les fils que l’on croit tissés par Ève,
Et dans ce bal macabre, nous dansons sous leurs vœux.

Réveillés, disons-nous, mais dans quel cauchemar ?
Un monde sans lumière, où le soleil s’éteint,
Cherchant des réponses dans le vide illusoire,
Où l’étincelle de vie s’estompe sous leurs mains.

On prie, on les implore, ces maîtres de l’invisible,
Leur demandant la grâce dans l’absurde supplice,
Mais ce sont eux, les tyrans indestructibles,
Qui forgent nos chaînes sous l’apparence du service.

Le syndrome de Stockholm, étend son empire,
On les adule, croyant que la délivrance viendra,
Mais c’est leur jeu, ce théâtre qui nous aspire,
Ils nous contrôlent, dans un silence plein d’effroi.

Et nous, pauvres âmes, on se responsabilise,
Portant le poids de crises qui ne sont pas nôtres,
Incarnant leurs drames, leurs choix, leurs devises,
Pensant que c’est notre vie, alors que c’est la leur que j’apôtre.

Ils alignent leurs cycles, leurs énergies de fer,
Nous plongeant dans le gouffre de leurs calculs froids,
Dans leur cirque éternel, sans lumière ni repères,
Nous tournons, épuisés, sur la roue de leur loi.

Et pourtant, on revient vers eux, en quête de rédemption,
Implorant Dieu à travers leurs sourires masqués,
Leur disant merci, malgré la confusion,
De vivre dans ce délire où l’on est brisé.

Mais quel est ce dieu qui se cache dans l’obscurité,
Ce maître invisible qui nous laisse sans foi,
Nous offrant des rêves d’une autre réalité,
Tout en tissant l'illusion de notre propre choix ?

Ils nous ont fait croire que l’on portait le fardeau,
Que l’on était coupables des tempêtes et des guerres,
Alors que ce sont eux qui dictent ce tableau,
Nous plongeant dans leur enfer, dans leur danse austère.

Et maintenant, l’on se perd, cherchant à survivre,
Dans ce labyrinthe qu’ils ont créé de leurs mains,
Complètement ivres de leur monde à décrire,
Où chaque pas nous conduit vers un lendemain incertain.

Le syndrome de Stockholm, comme une étreinte mortelle,
Nous lie à eux, à ces ombres sans pitié,
Dans ce délire cosmique où tout chancelle,
Nous sommes les marionnettes de leur volonté voilée.

Alors, qui sommes-nous, dans cette mascarade sans fin ?
Des êtres perdus, cherchant des vérités floues,
Prisonniers d’un rêve qui ne nous appartient point,
Adorant ceux qui nous condamnent à être dissous.

Mais un jour peut-être, les fils se rompront,
Et l’on verra, au-delà de leurs illusions brisées,
Que cette vie que l’on croyait nôtre, était un long pardon,
Pour un crime que nous n’avions jamais demandé.