Dans ce monde étrange, où tout semble brisé,
Les cœurs s’accrochent à ce qui est faussé.
Le vrai est masqué, le faux couronné,
Et les miroirs reflètent un éclat inversé.
Les sourires se vendent, les mots se déguisent,
Et la justice se voile, aveugle à la crise.
Les promesses d’avenir ne sont que des ombres,
Dans un jeu où les rêves peu à peu se dénombrent.
Le monde marche à l’envers, mais qui veut le voir ?
Les valeurs tournent en rond, sans jamais de départ.
Les héros sont loués, mais l'héroïsme trahi,
Et la clarté s’efface là où la lumière fuit.
Le pouvoir s’achète, la vérité se nie,
Et le courage se cache derrière des alibis.
On construit des palais sur des ruines ignorées,
Et l’amour se monnaie dans un marché voilé.
Les mains qui se tendent sont souvent invisibles,
Et l’indifférence règne dans un silence audible.
Les voix qui s’élèvent sont noyées dans le bruit,
Et la paix se cache sous les cris de la nuit.
Pourquoi marcher à reculons, dans ce bal insensé ?
Où le chemin de la raison semble déraciné.
On avance dans l’ombre, pensant voir la lumière,
Mais tout est inversé dans ce monde éphémère.
Les sages sont fous, les fous sont sages,
Et le mensonge écrit une nouvelle page.
Les frontières s’effacent, mais les murs se dressent,
Comme si la liberté devenait une faiblesse.
Où est le sens, où est la vérité ?
Quand tout autour de nous semble se renverser.
Les réponses sont là, mais cachées sous la terre,
Loin des yeux, loin des faux éclats de verre.
Les richesses croissent, mais l’esprit se meurt,
On calcule la vie, on dénombre les heures.
Le progrès avance, mais à quel prix caché ?
Lorsque le cœur de l’homme est peu à peu glacé.
Le temps presse, il s'accélère, tout doit être pris,
Mais dans cette course folle, qui peut encore en tirer profit ?
On cherche à accumuler, à amasser sans fin,
Mais on oublie le souffle, ce lien qui nous retient.
Les sages avertissent, mais leurs voix se perdent,
Dans un océan d’échos où personne ne cherche.
Les racines sont coupées, les arbres déracinés,
Et l’on continue à planter des fleurs artificielles pour se consoler.
Les certitudes sont fragiles, comme des ombres mouvantes,
Ce que l’on croyait sûr se dérobe, inquiétante.
L’avenir se bâtit sur un terrain inversé,
Où les fondations se fissurent sans qu’on veuille regarder.
Alors que faire, sinon tout renverser ?
Revenir au vrai, au juste, au simple, au sacré.
Car dans ce monde fou, tout peut basculer,
Si l'on ose marcher droit, là où tout est inversé.