Je me lève chaque jour, le même refrain,
Sous l’ombre des machines, je trace mon chemin,
Mon souffle se perd dans ce bruit assourdissant,
Mais au fond, je sais que je ne suis qu’un engrenage dans le vent.

Ma vie se résume à des chiffres, des heures,
Un salaire qui ne fait que me rappeler ma peur,
La peur de manquer, d’être réduit à n’être qu’un leurre.

Je suis là, coincé dans ces chaînes que je ne vois pas,
Elles s'appellent dettes, contrats, et jours de combat.
Chaque matin, je m’enroule dans ce manteau de fausse liberté,
Un tissu de mensonges que l’on m’a fait porter,
Et je continue, sans force, à espérer.

Le système m’engloutit, me consomme, me dévore,
Je cours sans cesse, mais je ne vois jamais l’aurore.
Je suis prisonnier de mes choix et de mes rêves brisés,
Un esclave du moderne, sans chaînes à briser.

Je me demande parfois où est passée ma voix,
Celle qui réclamait justice, celle qui se déployait autrefois,
Mais aujourd’hui, elle se meurt, étouffée par la loi.

Les contrats me lient, je n’ai plus de chemin,
Je marche pour d’autres, sous le poids du lendemain.
Et pourtant, on m’a dit que j’étais libre,
Mais ma liberté est écrite en chiffres,
Et mon avenir est couvert de brouillard sans fin.

Chaque jour, je produis, je consomme, je m’efface,
Et le système me nourrit juste assez pour que je fasse,
Encore un pas, encore une tâche, encore une sueur,
Sans jamais vraiment sentir que je vis, que j’ai un cœur.

On me dit que le monde est fait de liberté,
Mais je ne vois que des murs dressés,
Des barrières que je ne cesse de frôler.

Je suis l’esclave moderne, sans chaînes d’acier,
Mais mes liens sont faits de chiffres et de papiers.
Je travaille, je respire, mais je ne vis pas,
Je suis un numéro dans une file qui ne s’arrête pas,
Un rouage silencieux dans un empire qui ne me voit pas.