Ils ont dit : "Nous ne gérerons pas comme des poètes,
Mais comme des ingénieurs, avec des formules nettes."
Pour eux, les mots flottent, volatils, éphémères,
Là où les chiffres gravent des certitudes austères.

Le poète, c’est vrai, plane dans les nuages,
Il façonne des rêves, donne vie aux mirages.
Il trouve dans le chaos un ordre subtil,
Là où l’ingénieur trace des lignes dociles.

Dans la plume du poète, l’âme trouve sa voix,
Là où l’ingénieur donne corps à la loi.
L’un capte les étoiles, l’autre construit des tours,
Mais les deux cherchent l’infini, chacun à son détour.

Poète, il chante la mélodie des cœurs,
Ingénieur, il calcule les battements des heures.
Le premier donne l’âme aux choses qu’il crée,
Le second leur donne vie, dans la matière il les ancrerait.

L’un détient le cœur, l’âme, et l’émotion,
L’autre la structure, le matériel, et le pouvoir en action.
Et dans ce reflet du monde, la fracture se voit,
Entre l’émotionnel qui vibre, et le pouvoir qui broie.
Car toute équation a besoin d’une âme pour briller,
Et tout rêve d’une structure pour s’incarner.

Le poète sans l’ingénieur flotte sans fin,
L’ingénieur sans le poète construit sans demain.
L’un est la forme, l’autre l’émotion,
Ensemble, ils tissent l’univers sans condition.

Ils croient que la poésie est trop fragile,
Que l’ingénierie, seule, est plus habile.
Mais où serait la beauté d’une tour sans vision ?
Et où serait la force d’un vers sans fondation ?

Le poète rêve de ponts entre les mondes,
L’ingénieur les bâtit, que les foules inondent.
Mais ces ponts, pour tenir, ont besoin de lumière,
De l’inspiration que seul un rêveur éclaire.

Le poète vit la voie à suivre,
Ce que l’ingénierie leur propose à vivre.
Mais la liberté d’un rêve sans ancrage perd sa force,
Et une tour sans âme n’est que pierre et écorce.

Imagine un monde où ces deux voix s’unissent,
Où l’architecture du rêve et de la logique s’enlacent.
Des bâtiments qui parlent, des ponts qui chantent,
Des villes où le ciel inspire chaque pierre vibrante.

Dans cette fusion, il n’y a pas de perdant,
Juste des horizons ouverts, vastes, et envoûtants.
Le poète montre la direction à ressentir,
L’ingénieur l’incarne pour que l’on puisse y vivre.

Alors pourquoi choisir entre rêve et construction,
Quand les deux ensemble sont la parfaite solution ?
L’avenir ne se construit pas seulement de métal et d’acier,
Mais aussi des songes que l’on ne peut mesurer.

Car tout pays a besoin des deux mains,
L’une pour bâtir, l’autre pour tracer demain.
La poésie et l’ingénierie, ensemble, main dans la main,
Peuvent élever un monde où chaque rêve est un chemin.