Ils disent : « Réussis, sois fort, sois grand,
Accroche-toi, avance avec élan. »
Mais l’écho de leurs mots devient lassant,
Et l’enthousiasme se fane, flottant au vent.
Je me tiens là, sans but ni passion,
Leurs attentes me vident de toute ambition.
Je m’éloigne, je décroche, fatigué d'essayer,
Et mon esprit s'égare, se met à dériver.
Ils disent : « Suis les règles, le chemin est tracé,
Pour toi, le succès est déjà programmé. »
Mais ces routes toutes pavées, identiques et fades,
Me semblent des pièges où mon âme s’échappe.
Je perds la saveur des choix que j’aurais pu faire,
Chaque pas semble vide, tout devient éphémère.
Je ne veux plus jouer à ce jeu trop bien rodé,
Je m'assois en silence, préférant m'évader.
Ils disent : « Engage-toi, ta voix a du poids,
Dans ce grand cirque social, tu es un roi. »
Mais dans leurs discours, je n’entends que des bruits,
Des promesses creuses qui ne mènent à rien, je fuis.
Je baisse les bras, et mes mots se font rares,
À quoi bon parler quand personne ne s’égare ?
Je deviens spectateur, distant, indifférent,
Face à ce théâtre où tout n’est que vent.
Ils disent : « Tu es libre, choisis ton destin,
Prends ta place, vote, ta voix est un chemin. »
Mais ce qu’on me propose n’a jamais eu de goût,
C’est comme choisir entre rien et un fou.
Je ne veux plus voter, ça semble inutile,
Une illusion de liberté, un choix trop futile.
Mon désintérêt grandit, je me sens détaché,
De cette société où je me sens effacé.
Ils disent : « Travaille dur, fais tes preuves, persévère,
Dans ce monde d’efforts, tout se fait par la guerre. »
Mais à force de courir après une carotte lointaine,
Je perds toute force, mes rêves s’éteignent.
Je me replie, las de leur quête sans fin,
Je m’abandonne aux murmures du rien.
Mon cœur bat encore, mais sans conviction,
Face à cette société, je me fonds dans l’abandon.
Ils disent : « Sois visible, expose-toi au monde,
Fais briller ta lumière, que chacun te réponde. »
Mais à force de briller, je me suis consumé,
Et dans leur jeu de regards, je me suis effacé.
Maintenant, je préfère l’ombre, le silence,
Loin des projecteurs, loin de leur danse.
Le désintéressement est ma nouvelle armure,
Contre cette société qui ne regarde plus le fond de leur prospére structure.