Cliquetis, bruits de fond, sans réfléchir, tu avances,
Sans poser de questions, tu suis cette danse.
Pourquoi demander quand tout semble tracé ?
Tu fais, on te guide, tout est organisé.
Tant mieux, tant pis, tu n’as plus le choix,
Le réveil sonne encore, c’est la même loi.
Tic tac, la montre tourne sans relâche,
Tu appuies sur pause, mais rien ne s'efface.
Routine, refaire, toujours recommencer,
Tu construis un labyrinthe sans fin, sans liberté.
Et puis tu te perds, dans ces murs que tu crées,
Ce n’est pas ta faute, qui t’a enfermé ?
Souris au téléphone, souris à l’écran,
Sans jamais toucher, tu agis en absent.
Parle sans écouter, tout est distant,
Tes doigts sur le verre, ton cœur est vacant.
Ils dansent, ils glissent sur le froid digital,
Ton âme se fige, dans ce monde spectral.
App appuyer, swipe swipe, tu t’oublies,
Humain ou machine ? La frontière s’évanouit.
L’écran est ton tout, ta solitude crie,
Mais qui a plongé ta vie dans cette nuit ?
La rue vibre de voitures, de moteurs grondants,
Les carcasses de métal roulent en silence pesant.
Poupées articulées dans un chemin tout droit,
Personne ne regarde, mais tout le monde a froid.
Tu parles de la technologie qui t’emprisonne,
Tu la maudis, mais chaque matin, elle résonne.
Tu l’embrasses comme une amie toxique,
Elle te répond en notifications, ton tic-tac mécanique.
Chouette, une nouvelle technologie, un autre repère,
Un guide toujours là, dans ton monde éphémère.
Elle t’apprend tout, elle t'accompagne partout,
Même dans tes rêves, elle est ton tout.
Mais quand elle se trompe, tu fustiges son erreur,
Sans voir qu'elle reflète ton propre malheur.
Tu te fâches contre l’écran, contre ses éclats,
Mais dans ces bugs, c’est toi que tu ne vois pas.
Les notifications vibrent, une urgence peut-être ?
Non, juste du vide, qui te tire de ta quête.
Chaque sonnerie te ramène à cet autre-là,
Mais qui es-tu, là, dans cet au-delà ?
Les réseaux te parlent, te dictent ta vie,
Sourire bien lissé, rêves sans folie.
Des corps conformes, des espoirs bâtis,
Et toi, tu te perds, dans ces faux paradis.
Tu te souviens, quand tu étais le maître,
Aujourd’hui, c’est l’écran qui dicte ton être.
Un achat de plus, une distraction brillante,
Un gadget qui promet des solutions éclatantes.
Mais au fond, tu fuis, cherchant à remplir,
Un vide que tu ne peux jamais vraiment combler ni guérir.
Tu te plains d’être perdu, mais qui a tracé ce chemin ?
Est-ce toi ou un monde qui a oublié les siens ?
À la maison, même l’intimité se flétrit,
Les regards se baissent, vers les écrans, vers l’oubli.
Les mots sont rares, les pixels remplacent les voix,
Les messages s’échangent, mais l’âme s’en va.
Le corps lui aussi devient un automate bien huilé,
Avaler, consommer, sans plus s'arrêter.
Chaque repas est une course, une routine incessante,
La saveur est perdue, la machine est puissante.
Le travail te happe, toujours plus pressé,
Chaque heure comptée, chaque tâche mesurée.
Tu suis une horloge que tu ne peux voir,
Chaque tic-tac te pousse sans espoir.
Se déshumaniser, c’est un jeu facile,
Un pas, puis un autre, dans un monde docile.
Et un jour tu te réveilles, sans plus ressentir,
Tu te plains d’être vide, mais qui a fermé la porte, sans prévenir ?